La pub: le mal nécessaire.

J’aimerai aborder un tas de sujets différents concernant l’écriture en elle-même, mais il va me falloir commencer cette série d’articles par le plus polémique: la pub, la com, le marketing et tout le concept englobé par ces mots souvent perçus comme repoussants.

Personne n’ignore le caractère délicat du sujet: nuisance constante pour les uns, manipulation mentale pour les autres, voire les deux combinés, la pub n’a pas bonne presse. Elle est pourtant indispensable à tout entreprise, que l’on soit auteur, illustrateur, maçon, comptable… Dans le système actuel, si personne ne sait que vous existez, vous êtes mort. Cette règle est aussi simple que brutale, et surtout connue de la plupart d’entre nous; alors pourquoi la rappeler?

Je tiens ici à contrer par avance les principales critiques qui pourront être faites à ce sujet et surtout à les mettre en perspective par rapport au réel.

 

T’as pas besoin de pub pour te faire connaître; le bouche à oreille, y’a que ça de vrai!

Pour la faire courte, cet argument:

Si le bouche à oreille est considéré par certains comme la forme la plus éthique de pub, il n’en souffre pas moins d’un défaut majeur: sauf coup de chance extraordinaire, il faut des dizaines d’années pour qu’il ait un impact significatif. Il ne faut pas s’imaginer qu’une fois vos œuvres en ligne, l’armée de bots de Google va exposer automatiquement votre travail à tout le monde d’une part et d’autre part que les gens concernés auront forcément envie de parler de votre travail à d’autres dans la demi-seconde qui suit. Ce n’est malheureusement pas comme ça que ça marche.

Et oui, il y a des exemples de succès qui ont utilisé ce principe, le plus connu actuellement étant sans doute The Martian, Seul sur Mars en français, de Andy Weir. Mais pour un livre de ce genre, vous en avez des centaines d’autres qui n’ont pas eut la chance d’avoir rencontré leur public aussi spontanément. Ce qui nous amène au second argument:

 

Ouais mais bon; si ça ne marche pas par le bouche à oreille, c’est que ça n’intéresse personne donc que ça ne vaut pas le coup!

Ceci pourrait se tenir dans un monde où seuls les livres acclamés par les critiques étaient des succès. Le problème étant: nous vivons dans le monde où Twilight et 50 Nuances de Gris ont été des succès retentissants malgré tout ce qu’on pu en dire ces mêmes critiques… Si une fanfiction digne des pires fangirls de la planète et un recueil de BSDM pour femmes cinquantenaires qui ne s’assument pas ont pu trouver un public, je ne vois pas pour quelle raison il n’existerai pas de marché pour tout autre type d’œuvres.

Nous vivons également dans le monde où l’un des auteurs de fiction les plus célèbre du moment, George R.R. Martin, a galéré des dizaines d’années durant avant de rencontrer le succès auquel il avait droit. Parce que personne ne le connaissait avant, et qu’il a fallu une sacrée persévérance de la part du bonhomme pour tenir le coup en se contenant d’une promotion traditionnelle. Et personnellement, ce n’est pas quelque chose que je trouve normal ni désirable. Qui sait, s’il avait rencontré le succès qui lui était dû plus tôt, tout ses fans ne seraient peut-être pas en train de le maudire pour prendre son temps pour l’écriture de la suite et que celle-ci serait arrivée bien plus tôt s’il n’avait pas été un quasi-miséreux toute sa vie durant; pas étonnant qu’il se repose sur ses lauriers après ça…

 

Mais si tu introduis de la COM dans ta démarche pour faire plus d’argent, c’est plus de l’art! Tu deviens un SALAUD DE CAPITALISTE qui s’enrichit sur le dos des…

Hop hop hop, on s’arrête tout de suite, Jean Guevara! Déjà, ce n’est pas en attaquant les auteurs qui sont pour la plupart dans la misère sociale dénoncée à juste titre sur les réseaux militants que ça va changer quelque chose. Ensuite, pour le meilleur comme le pire, et surtout le pire en ce moment faut-il bien avouer, c’est le système dans lequel nous vivons et si nous voulons avoir une vie un minimum décente, il faut bien faire avec. Donc oui, cela implique potentiellement d’utiliser les méthodes de communication et de publicité connues pour parvenir au but fixé par le Projet Beaumarchais; je n’ai pas la moindre envie de rejeter une option par idéologie du moment que celle-ci est employée de façon éthique.

 

Penser à la pub, c’est ridicule! Les bloqueurs de pubs sont de plus en plus populaires, le concept lui-même est détesté et les annonceurs ne font que faire pression à la baisse tellement la pub sur le web a peu de retours; l’utiliser ne va que t’amener de l’animosité!

On ne va pas se le cacher: internet est le principal support d’aspirant créateurs comme moi et il est vrai que dans ce milieu, la publicité a un taux de pénétration et de retour plus bas que la normale. Cela ne veux pas pour autant dire qu’il n’y en a pas: Google vit sur la seule pub qu’ils font via leur moteur de recherche et ils n’en restent pas moins l’une des entreprises les plus riches de la planète avec une capacité d’atteindre une quantité de gens inégalée. De même, la pub a pris d’autres formes qui ne souffrent curieusement pas ou peu de la critique: les Community Managers sont légions sur les réseaux sociaux sans que personne n’y trouve rien à y redire par exemple. De même, un youtubeur ou un illustrateur utilisant ces mêmes réseaux pour promouvoir leurs travaux ne sera pas assimilé à toutes les connotations négatives de la publicité normale; ils ne font pourtant rien d’autre que leur propre pub…

 

Ces critiques étant adressées, j’en vient à la raison de cet article. Figurez-vous que le premier volume du contenu principal de mon projet, Mécanique Gelée, a longtemps été disponible sur mon ancien blog pendant près d’un an. Devinez combien de lecteurs j’ai attiré « de façon naturelle », sans aucune pub ni com? Zéro. Rien. Nada. Que Tchi.

Je sais qu’il existe de nombreux créateurs qui ne veulent pas se résoudre à faire de la pub car il n’en aiment pas le concept, se sentiraient comme « forçant » les gens à leur donner de l’attention ou bien qu’ils n’aiment tout simplement pas vouloir investir le temps nécessaire à cela pour le consacrer entièrement à leur art. Tout le problème étant: la réalité fait que nous avons besoin de nous mettre à la pub. Les succès spontanés ne sont que des exceptions, et travailler sa com’ est un effort nécessaire.

Comment? Et avec quoi? Ce sont là des pistes qu’il me faut explorer avant de pouvoir répondre à ces questions. Et vous pouvez compter sur moi pour vous partager mes découvertes dans cette aventure.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.